Test DVD de Harry Potter à l’école des sorciers

On frise le sans faute. Warner s’est de toute évidence appliqué allant même à offrir une compression (souvent leur point faible) presque parfaite. Presque car certains passages laissent passer un léger bruit vidéo. C’est furtif mais bien réel.

Mis à part ce bémol, c’est du tout bon. La définition s’avère vertigineuse de précision. Les couleurs sont pimpantes et parfaitement saturées. Quant au contraste, il est formidable à en juger de la profondeur abyssale des noirs.

  • Harry Potter and the Sorcerer’s Stone
  • Réalisateur: Chris Columbus
  • Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Richard Harris, Maggie Smith, Alan Rickman
  • Durée : 147 minutes
  • Suppléments : Double DVD : 7 scènes coupées. Interviews. Visite interactive de Poudlard. Plus tous un tas de bonus jolis mais franchement inutiles. Suppléments DVD-Rom en pagaille.
  • Date de sortie DVD : 05 Juin 2002

CRITIQUE SON

Mais quand diable Warner va-t-il se décider à insérer des pistes DTS ? Etant donné la richesse de la bande son de Harry Potter à l’école des sorciers, on est effectivement en droit de regretter amèrement que les seules pistes 5.1 proposées ne soient qu’en DD. Certes, les heureux possesseurs d’installation EX pourront profiter pleinement d’un mixage généreux (même si on a connu des bandes sons EX bien plus riches en effets) mais il est dommage de ne pas pouvoir comparer les deux types d’encodage à l’heure où les éditeurs s’empressent de mettre du DTS dès qu’ils en ont l’opportunité.

Cela dit, les deux pistes DD 5.1 qui officient sur ce DVD sont joliment performantes. S’appuyant sur une bande son spectaculaire et particulièrement musicale (la partition de John Williams étant très envahissante), les mixages 5.1 en font voir de toutes les couleurs à nos enceintes, surtout les avants où la répartition des canaux se montre d’une précision redoutable. Du côté des arrières, on peut parfois faire la fine bouche mais dans son ensemble, l’ampleur et l’enveloppe sonore répondent présentes.

En fait, le seul véritable reproche, identique sur les deux pistes, vient d’une voie centrale parfois timorée, certains dialogues étant alors trop en retrait par rapport aux ambiances et bruitages.

Signalons que la VF possède un doublage français de qualité et une utilisation multicanaux parfaitement adaptée.

INTERACTIVITÉ du dvd

Avant de rentrer dans le détail et surtout expliquer comment arriver aux scènes coupées (une galère sans nom !), il faut revenir sur la note ci-dessus. Il s’agit d’un pondération entre la qualité manifeste de présentation (notamment les multiples menus et transitons animés) et la teneur des suppléments (très enfantins). Pour toute personne âgée de moins de 12 ans, la note peut être augmentée, le plaisir de se retrouver dans l’univers d’Harry Potter ayant son charme. Pour tous les autres, mis à part deux ou trois bonus sympathiques, la navigation dans les entrailles du DVD risque fort de devenir vite pénible.

Commençons par le plus attrayant (du moins sur le papier) : les scènes coupées. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faut avoir une sacrée patience, des connaissances « potteriennes » et une bonne dextérité en maniement de télécommande pour y accéder. Pour ceux qui aiment bien les défis ou ont beaucoup de temps à perdre, ne lisez pas la suite. Tous les autres, voici la solution pour pouvoir visionner ces séquences inédites.

Allez au chemin de traverse, une première énigme s’offre à vos méninges. Il faut reproduire la combinaison que Hagrid effectue sur le mur pour pénétrer dans les rues de Londres réservées aux sorciers. Pas de problème si vous avez faux puisqu’au bout de trois erreurs, le mur se détruit et vous laisse passer. Il vous faut maintenant aller chercher de l’argent pour faire vos emplettes. Direction la banque Gringotts. Attention, prenez soin d’y aller en sélectionnant d’abord la clé (qui se trouve sous l’écusson de Gringotts, en descendant avec le curseur, vous la mettez en surbrillance). Prenez votre argent en cliquant sur les pièces et dirigez vous vers l’enseigne Ollivander Wands (fabricant de baguettes magiques). Là encore, il vous faut trouver votre baguette idéale. Ne vous creusez pas la tête, quelque soit votre choix, il sera erroné (la baguette explose) jusqu’au troisième. Votre baguette magique en main, retournez au menu d’accueil pour aller dans la salle de classe qui désormais devient accessible. Au milieu de l’écran, se trouve une flamme, en dessous, on aperçoit deux chouettes, sélectionnez les puis cliquez. Faites la même chose avec le H qui se trouve juste au dessus. Vous accédez au couloir du troisième étage. Pour passer Touffu (le chien à trois têtes), il faut prendre la flûte (comme dans le film, ça l’endort). Il faut ensuite choisir une clé. Sélectionnez celle qui se trouve au centre (la plus petite d’entres toutes). Dépêchez vous car après quelques dizaines de secondes, les clés se mélangent. L’ultime épreuve consiste à sélectionner la bouteille qui permet de trouver la pierre. Il s’agit de celle qui est ronde et jaune. Vous avez 60 secondes pour cliquer dessus. Enfin, après de longues minutes de maniement de télécommande, vous accédez au bonus tant convoité. Au centre du miroir, se trouve la pierre philosophale. Cliquez dessus et vous pourrez visionner 7 scènes inédites.

Malgré une présentation technique sans faille (l’image au format et encodée en 16/9 est aussi parfaite que le film, la piste sonore est uniquement en VF, du moins si vous avez choisi d’avoir l’interactivité en français lors de l’intro du disque), on ne peut être que déçu et même énervé de constater que cette section ne comporte que 8mn 32 d’images inédites (et encore, on peut ramener la durée à 6mn puisque la scène 7 est en fait une version allongée d’une séquence déjà incluse dans le film) alors qu’il aura fallu au moins dix minutes (et bien plus si on ne connaît pas les diverses manœuvres) pour y accéder. Comme en plus, il est impossible de sauvegarder quoi que ce soit, à chaque fois que vous remettez votre DVD dans le lecteur (ou pire que vous revenez au menu principal), il vous faudra refaire tout le trajet (trajet qui peut être raccourci d’une étape en répondant correctement aux questions posées dans la section potions). Horripilant !
Pour ceux qui n’auront pas le courage de manier leur télécommande, voici ce que réserve ces scènes inédites :
Scène 1 (50 sec) : Séquence qui insiste sur la différence de traitement entre Harry et son cousin Dudley. Alors que ce dernier s’apprête à rentrer dans une superbe école privée, Harry apprend qu’il va aller à l’école communale en portant de surcroît les vieux habits de son cousin.
Scène 2 (36 sec) : La tante Dursley casse des œufs et trouve à chaque fois à l’intérieur le message indiquant que Harry doit se rendre à Poudlard.
Scène 3 (37 sec) : Harry et Hagrid sont dans le métro. Harry consulte la liste des fournitures « scolaires ». Hagrid se lançe dans un vibrant plaidoyer pour les dragons (« des bêtes totalement incomprises »).
Scène 4 (19 sec) : Séquence qui se situe juste après l’attaque du troll. Harry, Ron et Hermione discutent dans le couloir et évoquent la notion d’amitié.
Scène 5 (58 sec) : Harry est seul devant la cheminée. Ron va le voir et lui propose une partie d’échec. Harry, pensif, refuse. Il est préoccupé par le fameux miroir.
Scène 6 (1mn 53) : Enfin, une scène significative. On y voit Harry découvrir le lien qui unit Dumbledore et l’alchimiste, Nicolas Flammel. Se passant à table, cette séquence permet aussi de voir d’autres élèves utiliser leurs pouvoirs magiques…avec des résultats désastreux.
Scène 7 (3mn 19) : Il s’agit de l’intégralité du premier cours donné par le professeur Rogue (Alan Rickman). On découvre notamment comment Harry lui tient tête.

Voilà le plus compliqué est passé. Désormais, il ne vous reste plus qu’à flâner dans les différentes sections et rubriques. La plupart des bonus y sont décoratifs, cherchant uniquement à vous replonger dans l’univers du film, sans jamais chercher à en décortiquer la fabrication. Seuls certains suppléments méritent quelque peu votre attention.

C’est la cas de la section Interviews (Vost, 16mn 24). Articulé autour des propos du producteur, David Heyman, du réalisateur, Chris Columbus et du scénariste Steve Kloves, ce document sert également de vague making of. C’est en effet le seul endroit du disque où l’on peut découvrir de furtives images du tournage. Les trois intervenants reviennent sur les difficultés d’adaptation d’un livre archi célèbre, leur volonté de ne pas trahir l’écrivain, JK Rowling (qui a supervisé activement le projet). Mais le plus fort reste l’habile auto-promotion autour du deuxième épisode, Columbus et Heyman vantant les futurs mérites de cette suite tant attendue, allant même jusqu’à proclamer qu’ils corrigeront les erreurs du premier (on aurait aimé savoir selon eux justement quelles étaient ces erreurs).

TOUR

Une visite interactive d’une partie de Poudlard. En caméra subjective hideuse (l’image est volontairement floue et déformée), on se ballade dans les appartements des Gryffondor (salle de repos + chambres à coucher) tout en écoutant les informations données par une voix off studieuse et faussement enjouée. C’est d’autant plus inintéressant que les choix de direction sont pour le moins limitées (trois maximums). Dernière visite au programme : la grande salle. Même principe de navigation que précédemment.

LE CHOIXPEAU MAGIQUE

Pour ceux qui n’ont pas lu le livre, cette section permettra de combler une lacune du film. En effet, en sélectionnant une à une les bannières, une voix off nous explique les caractéristiques des quatre clans / familles de Poudlard : Les Gryffondor, les Poufsouffle, les Serdaigle et les Serpentard. Pour les autres, voilà une section totalement superficielle.

BIBLIOTHEQUE

On peut sélectionner cinq livres. Le premier en partant de la droite n’est là que pour vous effrayer. Le deuxième est un montage d’images du film sur les fantômes de Poudlard avec voix off (42 sec). Le troisième permet de découvrir 10 des principaux personnages du film toujours au moyen d’extraits. Le quatrième donne un indice pour apaiser Touffu lorsqu’on entre dans le couloir du 3ème étage (il faut se servir de la flûte). Le dernier livre rassemble une série de croquis et de dessins ayant servi pour créer le design du film.

CHATEAU DE POUDLARD

Quatre rubriques vous y attendent.
En sélectionnant le vif d’or, on accède à une partie simplifiée de Quidditch où il faut attraper avec l’aide du curseur de la télécommande le vif d’or. Ce challenge réussi, on a le droit uniquement à une voix off nous expliquant les règles du Quidditch. On aurait largement préféré accéder à un making of de la scène de Quidditch figurant dans le film.
La sélection des balles dans la malle permet de visionner un extrait du film (40 sec) où Harry se fait expliquer les règles du jeu. Strictement aucun intérêt !
En mettant en surbrillance la boîte à bonbons, il est alors possible de sélectionner certains bonbons et d’entendre la réaction (de la voix off) lorsqu’on les goûte. Un bonus strictement interdit aux plus de 7 ans.
En cliquant sur le chien, on reprend notre visite interactive de l’univers de Harry Potter. Cette fois-ci, au programme, la cabane de Hagrid. Quelques petits clips parsèment le parcours (un sur les dragons, un sur Hagrid).

SALLE DE CLASSE

On rappelle aux étourdis ou à ceux qui arrivent ici après avoir zappé le début du texte que cette section n’est accessible qu’après avoir obtenu sa baguette magique (via le chemin de traverse). Outre qu’il s’agit du seul moyen pour accéder aux scènes coupées, cette section propose quatre rubriques.
Défense contre les forces du mal : En plus de l’indice pour résoudre les énigmes qui se trouvent dans le couloirs du 3ème étage, on peut visionner un clip de 23 sec sur le professeur Quirrell.
Sorts et enchantements : Après avoir sélectionné le livre, on peut jeter un sort (comprenez choisir une langue) et entendre un extrait du film dans diverses langues. On retrouve la boîte à bonbons pour de nouveaux essais culinaires. Enfin, on trouve un clip de 24 sec sur le professeur Flitwick.
Potions: Un clip de 29 sec consacré au professeur Rogue. Autre bonus qui permet d’échapper à Touffu lors de la quête des scènes inédites, un questionnaire sur les différentes potions à confectionner. Pour la première préparation, choisissez Asphodèle et infusion d’armoise. Pour la deuxième, Mapel et Tue-loup. Et pour la dernière, Crochets de serpent et Piquants de porc-épic. Après avoir (bien) répondu, vous vous retrouvez directement à l’épreuve des clés.
Métamorphose : Uniquement deux clips. Un sur le professeur Dumbledore (50 sec) et l’autre sur le professeur McGonagall (34 sec).

Une fois n’est pas coutume, évoquons brièvement (et pour cause) les suppléments du premier disque : une liste du casting et de l’équipe technique, la bande-annonce et le teaser du film présentés en format respecté, encodage 16/9 mais uniquement en VO Dolby Surround (sympa pour les gosses).

C’en est fini avec les bonus du DVD Lecteur de salon (enfin, on n’en a pas trouvé d’autres !). Place aux suppléments que nous réserve le DVD-Rom. Pour une fois, ils s’avèrent aussi bons et même plus distrayants (bon d’accord, c’était pas dur !) que ceux du DVD. Ce sont les enfants qui seront aux anges. Ils pourront se transformer en élève de Poudlard, en se voyant expédier dans un clan par le choixpeau magique. Ils recevront des e-mails livrés par hibou, collectionneront des cartes magiques, téléchargeront des écrans de veille ou encore essayeront des démos de jeu Harry Potter.

Pour une édition plus adulte de Harry Potter, il faudra donc attendre un DVD collector qui sera enfin à même de nous faire découvrir comment l’une des franchises cinématographiques les plus rentables des années futures a vu le jour. En attendant, on doit se contenter de surfer dans des suppléments insipides, voire totalement obsolètes qui risquent même d’ennuyer les plus jeunes. Un comble !

Harry Potter à l’école des sorciers

Le phénomène Harry Potter a donc envahi les salles de cinéma avec un succès retentissant (317 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis) et s’apprête désormais à conquérir le marché de la vidéo avec notamment cette édition double DVD qui va vite caracoler en tête des ventes. L’ère cinématographique d’Harry Potter vient tout juste de commencer.

Parce que Harry Potter constitue un véritable phénomène de société, plutôt appréciable d’ailleurs puisqu’il permet à toute une tranche d’âge (en gros les 8-15 ans) de s’adonner aux joies de la lecture alors que leur monde tourne depuis longtemps déjà autour du visuel (TV, jeux vidéos,…), la transposition cinématographique de ses aventures se devait avant tout de contenter les fans de la première heure, ceux qui ont déjà englouti les quatre premiers volumes. Les attirer dans les salles et parvenir à leur faire retrouver les péripéties et l’univers hautement farfelu et coloré des livres, voilà ce à quoi Chris Columbus et son scénariste Steve Kloves (réalisateur de Susie et les Baker Boys !) se sont attelés durant les deux heures trente deux de projection.

Résultat des courses, Harry Potter à l’école des sorciers réussit l’exploit très rare de transposer la quasi intégralité du roman tout en parvenant presque à en garder le substantifique moelle. En se faisant, Columbus s’est assuré des jours paisibles en n’a pas à craindre que certains fans se sentent trahis, le pourchassent ou lui jettent un mauvais sort. Or, le paradoxe reste tout entier dans l’optique choisie par les responsables du projet: en transposant fidèlement le livre, l’objectif est largement atteint mais pour autant cela fait-il de Harry Potter un bon film ?

La réponse est : pas si sûr. La grande faiblesse provient justement de cette trop grande fidélité. Chris Columbus, réalisateur sans génie, fidèle artisan des studios s’est contenté de reprendre souvent à la virgule près les situations phares décrites par Rowling sans jamais chercher à se les accaparer. On a donc souvent le sentiment, qu’on ait lu ou pas le livre, d’assister à un bout à bout des scènes clés, sans que jamais il n’y ait un vrai lien entre elles, sans que l’on ressente une fluidité évidente dans la progression du récit.

Il faut dire que Columbus a du faire face à un problème quasi insoluble : instaurer un climat, présenter des personnages et un univers qui va nous être familier durant de longues années, au fil des sorties des futurs films, tout en parvenant à insérer une intrigue digne de ce nom. Et justement, c’est là où la fidélité à la romancière lui joue un tour. Au cinéma, la faiblesse relative du livre (l’intrigue passait plus au second plan, bouffée par la découverte et la description de cet univers fait de magie et de sorcellerie) prend des proportions bien plus grandes.

L’une des qualités évidentes du livre provient de la méticulosité, de la précision et de l’art de l’écrivain à décrire l’univers de Poudlard, la légendaire école de sorcellerie. Or, grâce à la technologie actuelle et les moyens dont dispose Chris Columbus, la visualisation d’un décor qui pouvait prendre des pages dans le livre se fait ici en quelques secondes. Au delà de l’efficacité des effets spéciaux, on sent alors qu’il manque quelque chose aux scènes, le sentiment qu’une fois son devoir de sage écolier accomplie, l’élève Columbus se dépêche de passer à autre chose. Alors, oui, cela reste d’une immense fidélité au livre mais en se faisant le réalisateur oublie que le charme provenait justement de cette application à détailler les situations. L’illustration montre ici ses cruelles limites. Ainsi sur la corde raide, le film est constamment sur le point de devenir artificiel par manque de magie cinématographique (un comble !). Pourtant, une bonne fée a du se pencher sur le projet puisque avec des hauts (le début est admirable) et des bas (la dernière partie d’ailleurs paradoxalement la moins fidèle au livre, manque de souffle), Harry Potter à l’école des sorciers arrive à rester séduisant.

L’une des grandes forces du film réside dans le choix de son casting. Tous, de Harry Potter et ses deux fidèles compagnons de route, Ron et Hermione, au Professeur Dumbledore (Richard Harris) en passant par le Professeur Rogue (Alan Rickman est né pour jouer les méchants) ou Hagrid (impressionnant Robbie Coltrane) personnifient à merveille leur personnage. Leur crédibilité et le plaisir évident d’interpréter des rôles aussi haut en couleurs tiennent une grande place dans l’identification du spectateur au récit (surtout pour ceux qui auront lu le livre).

L’autre atout de poids vient de la faculté des responsables des effets visuels à donner à l’imaginaire de Rowling. A ce titre, l’arrivée au château (un des plus beaux plans du film), le combat dans les toilettes avec le Troll ou encore le fameux match de Quidditch (un mélange de foot et de basket dans les airs où les joueurs se déplacent au moyen de balais volant) constituent des moments forts réjouissants autant pour le lecteur connaisseur que pour le profane.

Si effectivement, on a l’impression que Columbus est passé à côté de quelque chose de grand, qu’il n’a pas su nous transporter et nous subjuguer (la durée excessivement longue du film joue ici incontestablement en sa défaveur), il faut lui reconnaître le mérite d’avoir cru en son concept, d’avoir réussi à raconter une histoire enfantine (il est bon de rappeler que le film est avant tout destiné aux plus jeunes) au premier degré. Et ce dernier point est à mettre vraiment en exergue tant les productions actuelles privilégient et abusent jusqu’à l’écœurement du second degré, du décalage ou de la parodie. Qu’il est bon enfin de revoir un film, même imparfait, qui croit avant tout à la puissance évocatrice de son histoire, qui pense qu’elle seule peut suffire à captiver son audience. En ce sens, Columbus est parvenu à retrouver une partie de l’essence du cinéma hollywoodien classique, celui qui mise avant tout sa réussite sur son art de la narration. Voilà encore un autre paradoxe de ce décidément indiscipliné Harry Potter : alors que le film pêche par sa structure trop linéaire, trop fidèle au livre, il en tire sa principale force.

On accordera donc à l’entreprise le bénéfice du doute : Harry Potter passe en deuxième année avec la mention passable et l’intime conviction qu’il peut beaucoup mieux faire.

Une très belle réussite !

En adaptant pour le grand écran et quasiment mot à mot l’œuvre ‘’enfantine’’ culte et la plus vendue au monde, Chris Colombus pouvait s’attendre aux foudres les plus virulentes des fans et de ses détracteurs. Aujourd’hui, il donne une bonne leçon à tout ceux qui, à l’initiative du projet, aurait préféré un Steven Spielberg (pressenti pour la réalisation du troisième opus) ou encore un Terry Gilliam derrière l’œil de la caméra.

Car le but premier du réalisateur de Mrs Doubtfire n’était pas de faire un film pour lui, mais pour sa fille donc pour les enfants tout en respectant l’œuvre de J. K. Rowling (celles-ci ayant d’ailleurs fortement veillé au grain). Si certains de dire qu’il fut trop respectueux du livre et qu’il en résulte un film sans véritable parti pris ni patte quelconque d’un réalisateur digne de ce nom, Columbus réussit ce pour quoi il a été engagé avec beaucoup de classe et servant ainsi son propos sans privilégier l’effet de caméra (ou autre figure de style), nous livrant (pour une fois) des effets spéciaux (par ailleurs de toute beauté) servant avant tout l’histoire et ne cherchant en aucun cas à faire un étalage d’un savoir faire à la Lucas.

Il en résulte un film doté d’une âme qui nous entraîne dans un univers féerique plein de tendresse et d’humour. Certains s’accorderont, en reprochant au film son manque d’intrigues ou de rebondissements dramatiques, mais une nouvelle fois, Colombus et son scénariste ont tenu à rester le plus fidèle possible à l’œuvre originelle.

Ce premier opus n’est en fait qu’une grande présentation de personnages, une galerie de peintures, une prise de connaissance d’un univers dont nous attendons désormais la suite avec la plus grande impatience (actuellement en tournage sous la direction du même réalisateur).

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